L’article d’aujourd’hui vous est proposé par David C., rédacteur internet chez Kanetix. S’il est un domaine que les mouvements féministes n’ont pas révolutionné, c’est bien celui de la voiture, cette extension quasi phallique de l’homme qui, si l’on en croit les publicités, file comme le vent et permet de séduire les passantes même avec cinq enfants assis sur la banquette arrière.

Un cas d’école : la Volvo YCC

Le marketing aidant, la situation change doucement et la présence de plus en plus forte de femmes dans les équipes des constructeurs a amené des projets tels que la Volvo YCC, apparue en 2004. Le constructeur suédois a tout simplement demandé à une équipe de femmes de réaliser leur voiture idéale. Le résultat n’a pas pris la forme d’une camionnette bien carrée, mais d’un élégant coupé qui se distinguait par la profusion de ses rangements et son ergonomie. Presque dix ans plus tard, la YCC est toujours un exercice de style dont les bonnes idées sont reprises sur beaucoup de modèles, notamment la petite Fit de chez Honda. Le constructeur japonais conserve l’idée de la banquette arrière et du siège passager facilement repliables pour augmenter le volume de chargement. Au Japon, le modèle fait par ailleurs l’objet d’une édition spéciale « She’s » destinée aux femmes avec une livrée rose à l’extérieur comme à l’intérieur. Si le coup marketing est modéré sur les marchés occidentaux, dans l’archipel le constructeur flirte sur la nouvelle tendance de la société à mettre en lumière les femmes actives refusant d’être cantonnées au foyer.

Un peu d’histoire

L’idée d’une voiture pour les femmes, n’est pas nouvelle. Au début du siècle, des voix progressistes (si, si !), s’inquiétaient de voir l’automobile réservée aux hommes. Afin de la démocratiser aux garçonnes, l’idée était de favoriser l’électricité pour ne pas perdre ces demoiselles avec tant de leviers et pédales. Dans les années 50, Dodge sortait sa LaFemme livrée en option avec imperméable et rouge à lèvre, de quoi rendre furieuse une clientèle féminine qui ne souhaitait pas forcément se différencier des hommes. L’apparition de la deuxième voiture dans la plupart des foyers a amené les constructeurs à proposer des modèles plus petits. Les années 90 vont ainsi accoucher des premières citadines souvent conduites par des femmes, monsieur restant au commande du modèle « principale » de la famille. La Renault Twingo ou la Smart ouvriront la porte aux « cute cars » sur des segments populaires ou élitistes. Dans le même temps, la New Beetle ou la Mazda Miata très féminines ont montré ce que la YCC a confirmé dix ans plus tard : les mères de familles ont des goûts décalés similaires à leurs maris.

La femme, cet être complexe

Aujourd’hui, les « cute cars » sont devenues une option marketing à part entière pour les constructeurs. De fait la position de la femme ne cesse d’évoluer et cette dernière décide aussi bien sur le plan financier que pratique dans les foyers modernes. Cette tendance s’étendant souvent dans les couches aisées des pays non-occidentaux, elle rejoint opportunément la mode actuelle de développer des modèles à plus forte valeur ajoutée. Si Fiat avec sa 500 revival ou BMW avec les déclinaisons de la Mini tentent de séduire les femmes avec des petits véhicules sympas et originaux, Toyota lutte sur une corde plus sensible. L’Echo est un modèle simple qui peut aussi bien plaire à l’étudiant fauché qu’à la mère de famille traditionnelle. Quant à la célèbre Prius, elle a construit sa légitimité sur son acceptation chez la gente féminine, traditionnellement plus sensible à l’argument écologique si l’on en croit les études ou que l’on est un suiveur de buzz internet. Comme de coutume, les choses ne sont jamais aussi simples qu’elles en ont l’air. L’automobile fait partie intégrante de notre société et prend des formes différentes selon la culture, l’âge, la position sociale ou même, disons-le, l’orientation sexuelle des femmes. Il est donc plus facile de connaître les caractéristiques susceptibles de plaire à une majorité de femmes occidentales, comme par exemple la présence de nombreux rangements, que de créer un véhicule universel. Pour résumer le tout, disons qu’il n’est aujourd’hui plus possible de créer une voiture et de lui ajouter une sellerie toute rose pour en faire un modèle pour femme. Si la prise de courant a fait son apparition dans le coffre de bien des modèles, on ne saurait dire qui l’utilise le plus souvent !

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